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EN BREF
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La Fédération générale de l’électricité et du gaz a émis des réserves concernant cinq projets de loi sur des accords de concessions pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables, dénonçant son exclusion des concertations. Lors d’une conférence de presse, Elyès Ben Ammar a souligné l’importance d’un bilan des concessions antérieures avant d’engager de nouveaux projets, tout en évoquant les pertes financières pour les finances publiques. Il a critiqué la souveraineté énergétique nationale menacée par une emprise étrangère, tout en appelant à renforcer les initiatives locales, notamment le programme Prosol pour le photovoltaïque. La STEG a aussi exprimé ses difficultés financières, en lien avec le coût élevé du gaz et les recettes insuffisantes.
Énergies renouvelables : la Fédération de l’électricité dénonce les concessions et tire la sonnette d’alarme sur la situation
La situation actuelle des énergies renouvelables en Tunisie suscite de vives inquiétudes, notamment concernant les concessions accordées pour leur production. La Fédération générale de l’électricité et du gaz a exprimé ses préoccupations face à l’absence de concertation avec ses membres lors de l’examen de divers projets de loi relatifs à ces concessions. Elyès Ben Ammar, représentant de la fédération, a souligné la nécessité d’un bilan des concessions antérieures avant d’envisager de nouvelles signatures. Ce cri d’alerte met en lumière des enjeux cruciaux pour la souveraineté énergétique de la Tunisie et la viabilité économique de son secteur énergétique.
Un contexte politique et économique complexe
L’examen des cinq projets de loi par l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) marque une étape importante pour le secteur des énergies renouvelables. Toutefois, la réaction de la Fédération générale de l’électricité et du gaz montre que le débat autour de ces lois est loin d’être apaisé. Lors d’une récente conférence de presse, Elyès Ben Ammar a mis en avant un point essentiel : l’écran de l’exclusion de la fédération des discussions. Les préoccupations exprimées renforcent l’idée que les décisions prise sur ces projets manquent d’une base démocratique et représentative.
Les réserves sur les concessions passées
La nécessité d’obtenir un bilan sur les anciennes concessions est mise en avant par Ben Ammar. Les concessions attribuées en décembre 2019, par exemple, ont déjà généré des pertes significatives pour les finances publiques. La renonciation aux ressources potentielles, telles que les crédits carbone associés à la réduction des émissions issues de la production d’énergie propre, représente une opportunité manquée pour la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG).
Plusieurs projets, notamment à Sidi Bouzid, Tozeur et Tataouine, ont permis à des investisseurs étrangers de bénéficier de certificats de crédit carbone, des ressources qui auraient dû profiter à l’entité publique. La gestion de ces concessions soulève des questions sur la stratégie mise en œuvre par l’État et sur les conséquences à long terme pour la souveraineté énergétique.
Les enjeux de la souveraineté énergétique
Un des enjeux majeurs évoqués par Ben Ammar est celui de l’emprise étrangère sur le secteur énergétique national. La crainte d’une perte de la souveraineté énergétique s’accentue lorsque l’on considère que les projets visent souvent l’exportation de l’énergie vers l’Europe. Ce tableau soulève des interrogations sur l’impact à long terme de ces choix sur la capacité du pays à garantir son autonomie énergétique.
Le défi est double : d’une part, répondre aux besoins croissants en énergie tout en préservant les intérêts nationaux, et d’autre part, garantir que les initiatives de développement des énergies renouvelables soient menées dans le respect des droits et des ressources locales.
Le potentiel de la STEG et des initiatives nationales
Malgré les réserves, Elyès Ben Ammar met en avant les capacités techniques de la STEG pour développer des projets d’énergie renouvelable. Il appelle à renforcer le soutien aux initiatives nationales telles que le programme « Prosol », qui a démontré son efficacité dans le domaine du photovoltaïque. Cette initiative est un exemple positif de ce que peut réaliser un partenariat entre l’État et des acteurs locaux pour promouvoir des solutions durables.
En s’appuyant sur des réussites locales, il est possible d’envisager un avenir énergétique qui ne se déconnecte pas des réalités socio-économiques du pays. La valorisation des savoir-faire tunisiens dans le secteur des énergies renouvelables pourrait constituer un levier essentiel pour améliorer la situation énergétique tout en soutenant l’économie nationale.
L’appel au dialogue pour une meilleure gouvernance
Un des points critiques soulevés par la Fédération concerne le manque de dialogue avec les institutions compétentes. La marginalisation de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) dans les discussions sur ces dossiers est préoccupante, car elle illustre un déficit de représentation des travailleurs et de leurs préoccupations. La fédération appelle à l’ouverture d’un dialogue constructif entre le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie et l’ARP, pour garantir que les décisions prises soient en adéquation avec les besoins des citoyens et des acteurs du secteur.
Il est impératif que l’ensemble des acteurs, y compris les syndicats, soient impliqués dans le processus décisionnel pour assurer une gouvernance efficace et de qualité dans le secteur des énergies renouvelables. Une telle approche participative permettrait d’éviter les erreurs du passé et de construire un futur énergétique qui soit à la fois durable et inclusif.
Les défis financiers de la STEG et la viabilité des projets
Un autre aspect crucial de la situation est l’état financier délicat de la STEG. Le coût annuel d’achat du gaz s’élève à environ 6 milliards de dinars, tandis que les recettes se situent autour de 5 milliards, entraînant un déficit annuel d’environ un milliard de dinars. Ce déficit, partiellement compensé par le soutien de l’État, soulève des questions quant à la viabilité des projets dans un contexte de tensions budgétaires.
Les difficultés financières de la STEG doivent inciter à repenser la stratégie énergétique. Les projets d’énergies renouvelables peuvent offrir des solutions, mais leur mise en œuvre doit tenir compte des réalités économiques actuelles. La recherche de nouvelles sources de financement et de partenariat pourrait être une voie à explorer pour assurer la durabilité et le succès futur des initiatives en matière d’énergie renouvelable.
Les enjeux des crédits carbone
Les crédits carbone, mécaniquement liés aux concessions, sont au cœur du débat. Le ministre de l’Environnement, Habib Abid, a évoqué l’importance de ces crédits pour le transfert de technologie et l’investissement dans les énergies renouvelables. Toutefois, cela soulève également des questions sur leur répartition et leur retour sur investissement pour l’État et ses entreprises.
La nécessité d’un mécanisme de partage clair et équitable est donc essentielle pour maximiser les bénéfices de ces projets. La priorisation des intérêts nationaux est une condition sine qua non pour construire une stratégie de développement cohérente, dans le respect des engagements climatiques internationaux tout en répondant aux besoins locaux.
Conclusion sur la nécessaire prise de conscience collective
Les récentes interventions de la Fédération générale de l’électricité et du gaz rappellent qu’une conscience collective est indispensable pour naviguer dans les défis du secteur des énergies renouvelables en Tunisie. La préservation de la souveraineté énergétique, l’engagement vers un développement durable, l’équité dans le partage des ressources, et le renforcement du dialogue entre toutes les parties prenantes sont autant d’éléments essentiels qui doivent guider les décisions futures afin de garantir un avenir énergétique respectueux des intérêts du pays.

Énergies renouvelables : des alertes portent sur les concessions accordées
La récente audition à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) concernant les projets de loi sur les concessions pour la production d’électricité à partir des énergies renouvelables a suscité de vives inquiétudes au sein de la Fédération générale de l’électricité et du gaz. Le membre de cette fédération, Elyès Ben Ammar, a exprimé sa frustration face à son exclusion des discussions, alors que d’autres organisations étaient impliquées.
Ben Ammar a appelé à un bilan rigoureux des concessions antérieures, en particulier celles accordées en décembre 2019. Il a mis en lumière des pertes significatives pour les finances publiques, soulignant que certaines conventions avaient conduit la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) à renoncer à des ressources financières vitales, notamment les crédits carbone liés à la production d’énergie propre.
Les projets réalisés à Sidi Bouzid, Tozeur et Tataouine ont, selon lui, permis à des investisseurs étrangers de bénéficier de certificats de carbone qui auraient dû revenir à la STEG. Ce constat soulève des inquiétudes sur l’impact des modalités d’attribution des concessions, jugées trop favorables aux intérêts étrangers, ce qui pourrait, selon Ben Ammar, compromettre la souveraineté énergétique nationale, notamment avec des projets destinés à l’exportation vers l’Europe.
Malgré ces préoccupations, le représentant syndical a affirmé la capacité technique de la STEG à développer des initiatives nationales. Il a mis en avant le programme « Prosol », dédié au photovoltaïque en toiture, comme une réussite à encourager. Il a également plaidé pour un dialogue ouvert avec le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, ainsi qu’avec le Parlement, dénonçant la marginalisation de l’UGTT dans les débats entourant ces enjeux cruciaux.
Lors de la même audition, le PDG de la STEG, Faycel Trifa, a évoqué l’importance des projets de concessions pour le transfert de technologies, tout en reconnaissant les défis financiers auxquels l’entreprise fait face. Il a précisé que le coût des achats de gaz avoisine 6 milliards de dinars, tandis que les recettes se chiffrent à 5 milliards, engendrant un déficit d’environ un milliard de dinars, partiellement compensé par un soutien de l’État de 4 milliards de dinars par an.
